
Quel plaisir de retrouver, pour ce premier rendez-vous de la saison, au Théâtre Le Forum, la création de Benjamin Millepied, « Barbara, du bout des lèvres. »
Quand le corps délie ce que la voix murmure
Barbara chantait l’intime avec une intensité particulière. Ses chansons parlent d’amour, de solitude, de mémoire et de perte.
Benjamin Millepied, bercé dès l’enfance par la voix de la chanteuse, confie aux corps le soin de prolonger ce que les mots ne peuvent dire explicitement.
Neuf danseurs traversent vingt-quatre chansons, de « Göttingen » à « Dis, quand reviendras-tu ? » sous forme d’une succession de tableaux.
Les silhouettes apparaissent et s’effacent, se rapprochent, s’éloignent, leurs corps se cherchent, se répondent, puis se dérobent.
Dans leur grâce aérienne, les danseuses virevoltent parfois comme des plumes, légères et fragiles, emportées par le souffle de la musique. Leurs gestes semblent tantôt suspendus, tantôt traversés par une émotion.
La danse peut-elle délier ce que la voix murmurait du bout des lèvres ?
Parfois, les yeux fermés pour mieux écouter, je me suis laissée traverser par la voix de Barbara, comme si, en renonçant un instant à regarder, je pouvais accéder à un autre langage des corps.
Ce que la psychanalyse nomme sublimation trouve sa définition la plus juste : la transformation d'une blessure en une œuvre. Ici, l'intime cesse d'être un secret : il circule entre les danseurs, passe d'un geste à l'autre.
À travers ces corps qui s’élancent puis s'effacent, la danse offre à la pulsion, cette énergie de vie qui nous habite, une voie d’expression.
Barbara, du bout des lèvres nous invite à écouter autrement : non seulement ce qui est dit, mais aussi ce qui se tait et ce qui se danse.
Une expérience délicate, où la poésie naît de la rencontre entre la parole et le mouvement.
Par Michèle Freud, psychothérapeute
Théâtre Le Forum, septembre 2026
Par Michèle Freud, Psychothérapeute
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